Lundi 17 avril 2023

La RAMQ doit absolument evoluer


Dans certains cas, les medicaments pourraient aider, mais actuellement, on est pris parce que Sante Canada les autorise, mais le regime public ne les rembourse pas, dit d emblee le Dr Rémi Rabasa Lhoret, endocrinologue et directeur du Conseil professionnel de Diabete Quebec.

Le Dr Rabasa Lhoret a recemment rencontre un patient souffrant de diabete de type 1 et necessitant une greffe de pancreas.  Il fait sans arret des comas hypoglycemiques et est hospitalise une cinquantaine de fois par annee malgre un suivi specialise, indique l endocrinologue.

Pour etre admissible a la greffe de pancreas, son patient doit perdre cinq kilos, mais n y arrive pas. Le Dr Rabasa Lhoret a donc envisage le medicament Ozempic, initialement destine aux personnes atteintes de diabete de type 2, mais qui se revele efficace pour la perte de poids. Le medecin a fait une demande a la RAMQ, afin de couvrir les frais de ce medicament qui s elevent à environ 200 dollard par mois.


Bien que le medicament soit approuve au Canada pour le traitement des adultes atteints d obesite, le regime public a refuse sa demande.  La RAMQ doit absolument evoluer. On fait vivre un enfer a ce patient et on a une solution, laisse tomber le specialiste.

Quebec refuse
Les médicaments qui traitent specifiquement l obesite sont automatiquement exclus de la couverture de la RAMQ. Selon le ministere de la Sante et des Services sociaux,  beaucoup d incertitude demeure encore  en ce qui a trait a ces medicaments, notamment  quant a l ampleur des benéefices et de leur maintien dans le temps, a declare a La Presse le directeur des communications, Robert Maranda.

Quebec s inquiete aussi des risques de derives lies a la mauvaise utilisation des medicaments d abord destines au traitement du diabete, mais utilises pour perdre du poids1. L usage inapproprie de medicaments favorisant la perte de poids fait actuellement l objet de grandes preoccupations tant en Amerique du Nord qu en Europe a un point tel que des enjeux d approvisionnement sont souleves pour les patients atteints de diabete, dit M. Maranda.

Les specialistes sont conscients de ces risques.

Ce ne sont pas des medicaments que l on essaie en premiere ligne, certainement pas. Ils doivent etre prescrits au bon patient et pour la bonne utilisation.

La Dre Marie Philippe Morin, specialiste en obesite et en medecine metabolique

A l heure actuelle, seuls l Australie, l Angleterre, le pays de Galles et l Irlande du Nord remboursent ces medicaments pour la perte de poids dans des circonstances precises, tandis que la France et les Etats Unis se penchent sur la question.

Permettre des exceptions
Selon la Dre Marie Philippe Morin, la RAMQ devrait permettre des exceptions.

L Ozempic a mauvaise presse a cause des jeunes sur TikTok et des vedettes d Hollywood qui perdent du poids magiquement, mais nous, ce qu on voit, ce sont des patients avec des obesites extremes qui en ont besoin pour avoir une greffe ou une operation du genou, abdominale ou bariatrique.

Un recent rapport de l Institut national d excellence en sante et en services sociaux (INESSS) publie en octobre va dans le meme sens.  Les cliniciens consultes identifient un besoin pour les personnes qui doivent perdre du poids afin qu elles soient admissibles a une chirurgie bariatrique ou a une autre intervention chirurgicale qui pourrait ameliorer de facon importante leur sante et leur bien etre, peut-on lire dans le rapport.

Ces medicaments devraient toutefois etre utilises conjointement avec la modification des habitudes de vie, des changements de l alimentation, de l activite physique et des interventions comportementales, notent les experts. Le patient devrait egalement etre suivi par une equipe multidisciplinaire, composee notamment de nutritionnistes et de kinesiologues.