Lundi 16 mars 2026

L illusion du GAP


On me dit que je suis rattachee a un GMF. Pourtant, je n ai plus reellement acces a un medecin. Depuis la retraite de mon medecin de famille, je fais partie des patients associes a un groupe de medecine de famille, mais sans medecin attitre. Resultat : impossible de prendre un rendez-vous en ligne pour un simple suivi de medication. Je dois obligatoirement passer par le Guichet d acces a la premiere ligne (GAP), expliquer ma situation, attendre un rappel… et me faire offrir une seule plage horaire. Une seule.

A prendre ou a laisser.
A deux reprises, l horaire propose entrait directement en conflit avec mes obligations professionnelles. Devais-je manquer une demi-journee de travail pour ajuster une ordonnance  Refuser et recommencer le processus, avec le risque d obtenir encore une plage incompatible Voila le choix que le systeme impose. En quoi cette rigidité ameliore-t-elle l acces aux soins  Pourquoi un patient sans medecin attitre ne peut-il pas, comme les autres, selectionner une plage parmi plusieurs disponibilites  Limiter l offre a une seule plage horaire ne reduit pas la pression sur le reseau : cela multiplie les demarches inutiles et fait perdre du temps à tous.


Ce fonctionnement cree une medecine a deux vitesses. Ceux qui peuvent se le permettre se tournent vers le prive pour eviter ces contraintes administratives. Les autres attendent, rappellent et esperent. Etre  rattachee  ne devrait pas etre une illusion statistique. L acces a la premiere ligne doit etre reel, flexible et compatible avec la vie active. Sinon, le GAP ne facilite pas l acces aux soins – il en devient l obstacle.
Nicole Olivier, Montreal